Butadaaa… Butadaaaa… butadadatrezaakaaaaa… C'est par ce générique sibyllin qu'Eugène Saccomano nous accueille au bar d'LCI. Comme le CSA veille, on range à la hâte, avant le tournage, les boîtes de cacahuètes, les olives et les verres de pastis. Mais le téléspectateur avisé n'est pas dupe : on ripaille à LCI avant de refaire le match !
La première séquence est invariablement la même : l'ami Eugène, qui s'étrangle en avalant trop vite son dernier bretzel, l'expulse tout en nous délivrant le slogan de l' émission : OOOOON, expulsion du bretzel sur Pascal Praud (invariablement à la même place, à notre gauche, tandis que Dominique Grimault lui fait face), cri de joie et de soulagement de Sacco, REFAIT LE MAAAATCH. On refait le match aujourd'hui avec 5 animateurs parmi la liste que j'indique de mémoire et qui n'est peut-être pas exhaustive :

Eugène Saccomano, lui même d'abord, dont on goûte toutes les semaines les " On refait le match " et les " On décortique ". Grâce à lui, on sait, en plein milieu d'un débat passionnant, qu'RTL refait aussi le match ainsi que TV Mag le samedi. Bon. Eugène Saccomano part aussi en croisade contre nos profs de français débiles qui veulent nous faire dire " en Arles " au lieu de " à Arles ". Eh bien, moi, je suis d'accord avec toi, Eugène, toi qui t'insurgeais dans un " On refait le match " du début de saison. Moi aussi, je dis " à Arles ", flûte à la fin !
On attribue aussi à Eugène Saccomano des paroles telles que " pas tous en même temps ", " mon ami Vahid " ou encore " Alors, vous, Verdez, vous n'êtes pas d'accord "

Gilles Verdez, justement, Gilles Verdez du Parisien. Ses petits camarades le surnommeraient entre eux " Orangina Rouge " tellement il semble méchant de prime abord. En ce qui me concerne, je le trouve simplement génial car il exprime tout haut ce que j'éructe moi-même, tout haut également, de l'autre côté du poste. C'est lui qui dénonce la médiocrité du spectacle qui nous est proposé chaque semaine sur les terrains français : 38 journées de championnat, 380 purges. Le constat est aussi réel qu'accablant : il faut d'urgence refuir le match ! Grâce à Gilles, c'est la sincérité, la critique méritée et surtout la dénonciation de toutes les incompétences qui s'expriment. Gilles Verdez ou l'avènement du journalisme cathartique. Merci Gilles, tu me fais du bien ! Et merci pour la dédicace que tu m'as fait parvenir par mon amie Faustine.

Dominique Grimault, le seul qui ne vienne de nulle part. Pourtant, une fois, ils ont dit " Dominique Grimault, on peut le dire, de Sport FM " mais ce fut un feu de paille. Une histoire de pub non payée sans doute. En tout cas, aujourd'hui encore, on finit les présentations par " et Dominique Grimault ". De nulle part donc.
Dominique Grimault, c'est l'éternel incompris du plateau. Il a pourtant raison parfois. Mais non, ils ne sont jamais d'accord avec lui. A croire qu'ils le font exprès. Tiens bon, Dominique, tiens bon !

Pascal Praud
, de TF1-LCI. Mais moi, je dois dire que de pro, il n'a que le nom. Eternel béni-oui-ouiste du football français. Avec lui, tout est formidable, tout est joli, tout est parfumé. Surtout Nantes. Eh bien qu'il y retourne !

Vincent Machenaud, de France Football. Que dire de " Machenaud " ? Lui, c'est un gars qui a de la bouteille. On ne se permet pas de le contredire. Il parle des joueurs un peu comme un prof d'histoire de collège parlerait d'un de ses élèves. Des interventions souvent justes, certes, mais beaucoup trop dépassionnées ! Allez, Machhhenaud, on se lâche !

Olivier Rey
, de But. Olivier Rey, vous le reconnaîtrez tout de suite. C'est celui qui rit seul de ses propres blagues, qui a d'ailleurs un rire gras insupportable et qui, quand il s'insurge, utilise invariablement son mythique " attendez, vous êtes gentils… ". Lui aussi est gentil.

Guillaume Rebière, du JDD. Guillaume, j'ai envie de dire, des efforts louables pour exister. Il travaille bien et est maintenant presque aussi crédible qu'un Machenaud ou un Grimault. Ses analyses sont souvent justes. Mais… je sais pas… il manque un petit quelque chose.

Vincent Duluc, de l'Equipe. Déjà, il faudrait qu'il défronce un peu ses sourcils. Ne lui demandons pas encore de sourire, ça pourrait le braquer ! On va y aller étape par étape.  Les propos de Duluc sont peut-être pertinents mais je ne les entends pas, subjugué que je suis par sa coupe de cheveux.

Régis Testelin, de l'Equipe. La doublure de Duluc, en quelque sorte, en moins souriant. Testelin, je ne sais pas, on dirait qu'on vient de lui confisquer son jouet et qu'on lui a promis de lui retourner s'il participe à " On refait le Match ".

Alain Constant, du Monde. Avec sa verve et son éloquence, il n'a aucun mal à faire entendre sa voix. Doté d'un bagout hors du commun, il surprend ses interlocuteurs par la longueur de ses discours et la richesse de ses propos. On ne comprend toujours pas comment ce rhéteur peut encore perdre son temps dans la presse écrite. Du gâchis.

Philippe Doucet, de Canal. Le fayot de la bande. Ses " Maître Sacco " m'exaspèrent mais il faut bien avouer que c'est le seul, avec Praud parfois, à amener un petit peu de Logique dans ces débats sauvageons. Et à étayer ses propos par des analyses chiffrées : " la saison dernière, Nice avait un  ratio cartons rouges sur buts encaissés de 0,56 contre 0, 27 seulement cette année, ce qui tend à prouver que la défense était plus rugueuse "... Mon papa me signale à juste titre qu'heureusement qu'il ne s'appelle pas Philippe Duquet. Parce que la palette à " Doudouce "…

Estelle Denis, de TPS. La petite chouchoute du plateau. Quand Estelle égaye le plateau, les hommes sont comme transformés. Et c'est attendris, la larme au coin de l'œil, qu'ils la regardent débiter de mâles insultes sur quelque attaquant en mal de réussite. Prenez Saccomano, Grimault et Machenaud et, avec Estelle Denis, vous faites un remake parfait de " Trois hommes et un couffin ".



On refait le Match, ça a changé. Vous n'avez pas remarqué? Les deux premières saisons, ça devait être filmé en live. Alors, Sacco nous concoctait un bon programme :

On va parler de Marseille, Marseille qui s'enfonce, du PSG de Vahid qui décolle, de MONACO, Monaco qui n'en finit pas de nous étonner. Nous évoquerons aussi l'arbitrage, un arbitrage litigieux hier soir à Lens. Et puis la révolte des petits en bas de classement. Enfin, nous parlerons du match de mercredi de l'équipe de France. Et nous partirons en Angleterre pour parler des Français d'Arsenal qui ont encore brillé !

Bon, et puis on parlait de Marseille pendant la première partie et un bout de la deuxième, et de Paris, un peu.
Alors qu'aujourd'hui, c'est beaucoup mieux, il y a un montage. Oui Madame. Comme ça, on parle de tout ce qui est dans le sommaire. Et puis aussi, on peut couper les moments où Rey rit, ceux où Praud parle des Canaris etc. Il n'y a guère qu'Alain Constant qu'on ne coupe pas au montage. Allez savoir pourquoi…

On refuit le Match