Le Projet "April Fish 2006"
Lettre ouverte à Jean-Claude Dassier
Jean-Claude. Jean-Clauuude. JC. Oh, jayjay ! Que vois-je? Que vois-je et qu'ouis-je? Oui, qu'ouis-je ?

600 000 euros pour Lambie-Nairn ?!! Dis-moi pas que c'est pas vrai! Pour un coup de peinture du plateau et deux/trois jingles. Eh ben dites-moi !!! Alors en plus, on m'enlève mon jingle chéri du Journal du Web (celui qui finissait par tou-tou-tfu-tfu-tfu). Ah non ! Non ! Non ! Ca ne va plus du tout, ça ! J'espère que les factures ne sont pas toutes réglées parce que si j'étais aux commandes, moi, j'enverrais tout ça au service contentieux illico. Non mais !

Ah non, je ne suis pas content. Moi, je suis un vieux de la vieille, moi, Jean-Claude. Moi, j'étais là du temps des Bellec, Attal, Broquisse, Pujadas et j'en passe. C'est grâce à moi que l'audience a décollé en 94. Alors on stoppe tout ! Stop, stop, stop !… On stoppe et on arrête ! Moi, si je tenais les rênes de la chaîne, je reviendrais même au style LCI du début, celui où on avait deux/trois fenêtres en images dans le générique du journal. Là, ça en jetait, on en prenait plein la vue dès le début.

Oh ! Et puis tout ce rouge, beurk, on dirait que la CGT a fait une OPA sur la chaîne ! Enfin bref, j'arrête là car mon propos n'est pas de me fâcher mais d'aider de toutes mes forces une chaîne que j'aime et que je voudrais voir grimper au sommet.


Alors voilà. Je te préviens tout de suite, Jeannot, assieds-toi parce que ce que je te propose est tout bonnement révolutionnaire. Bien marketée, mon idée peut, et va,  purement et simplement faire passer LCI à la postérité. Là, on va s'offrir un de ces coups de projo ! C'est bien simple, les gens se battront pour payer 100€/mois à TPS rien que pour capter LCI. Oh la la, rien que d'y penser, je pétille !

Mais venons-en au fait. On a une chaîne sérieuse, une bonne rédaction, des piliers comme Buisson, Rabilloud, PLS, Hervouët et Hauss… euh enfin, et Hervouët. Bon ! On a des petits jeunes sympas genre Borgnat, Hussenot et Julliard. On a des petites nanas qui allient charme et professionnalisme, genre la Soulignac. Bon, parfait ! Et alors maintenant, on se dit " c'est bien beau tout ça mais comment on draine de l'audience additionnelle, sachant qu'on est quand même étiquetés chaîne info ". Certains esprits malveillants osent même déclarer " le France-Info de la Télé " (Dieu nous préserve de sombrer si bas!). Alors qu'est-ce qui manque ? Du punch ? Y en a déjà ! Du sexe ? Difficile !… Un peu d'humour peut-être… oui, mais un humour qui ne saperait pas le travail de crédibilité.

Comment faire ? Il ne t'a pas échappé, Dada, parce que
tu es un jeune homme intelligent, que l'option " 1er avril " a jusqu'ici été très peu utilisée par la chaîne. Il ne t'a pas échappé non plus que le 1er avril 2006 tombe un samedi et que par conséquent, on peut peut-être envisager un petit travail original un jour de week-end. Il ne t'a pas échappé tertio, que les émissions d'LCI, bien que fort intéressantes, sont une mine de pastiches si l'on veut bien se donner la peine de changer d'angle de vue quelques secondes. Il ne t'a pas échappé enfin que les CSP+ qui regardent 100% Politique sont d'authentiques gais lurons qui aiment à rire dans leur canapé, une bière à la main en couinant " Buisson, présidont ! Buisson, présidont ! ". Heu heum. Bon. De là le nom de code de notre projet :


April Fish 2006



Le projet April Fish, dans sa version ambitieuse (24h de programmes), consiste en un florilège de journaux décalés, émissions LCIennes auto-pastichées, éditos déjantés et autres amusements en tout genre.
Toute la journée du 1er avril 2006 sera consacrée sur LCI à la diffusion de programmes qui feront hurler de rire tous ses téléspectateurs, en intercalant éventuellement de vrais journaux à intervalles relâchés pour ne pas faillir à notre mission première.(Evidemment un plan B serait prévu en cas d'événement d'actualité majeur type mort du Pape, guerre, nouveau single de Jordi etc)

La force du concept réside dans le fait que nous ne laisserons pas le soin à des saltimbanques de nous imiter à notre place. C'est bien Hervouët himself qui forcera le trait dans ses commentaires, PLS qui autosabordera son édito et Anne-So Lapix qui sortira de ses gonds pour malmener un invité trop imbus de sa personne. Depuis le temps qu'ils en ont envie, laissons nos ouailles se défouler dans un gigantesque mouvement catarthique et libératoire. L'effet auprès du public et des autres médias n'en sera que décuplé. Le petit monde journalistique français sera en ébullition ; certains s'en agaceront, d'autres crieront au coup de maître mais tous en parleront. Beaucoup. Les journalistes et les téléspectateurs du monde entier reprendront les images et offriront à LCI une exposition inespérée.

En interne, l'opération sera un
gigantesque exercice de team building, chacun se réjouissant de sortir de son train-train pour un projet original dans lequel chacun pourra apporter sa contribution. Excepté quelques grognards ronchons, toute l'équipe sera enthousiasmée par un projet si inattendu et pourtant si malin (oui, malin ! Comme moi ! et toc !)

Originalité et audace sont deux piliers d'un projet qui serait tout de même branlant si on n'y ajoutait le professionnalisme. Dans la constitution des programmes burlesques, bien-sûr, mais aussi dans l'organisation événementielle. Et là, j'espère que tu peux me confirmer que nous pourrons compter sur l'expérience du Groupe TF1 pour préparer un buzz fou à base de marketing viral et autres outils peu coûteux (n'oublions pas que nous sommes encore petits et pauvres même si les sommets de la gloire et de la richesse nous attendent avec une impatience mal contenue).

Au final, une opération ambitieuse menée en interne donc moins coûteuse, une exposition d'LCI synonyme de recrutement de nouveaux clients, une fidélisation en béton armé des anciens téléspectateurs, une proximité accrue entre les présentateurs et le public, des équipes ressoudées et même du profit en fin de parcours en cas de gestion maligne de la pub le jour J et de ventes de DVD ensuite.



Alors voilà, Jean-Claude, tu sais tout. Cette idée, je te la livre free of charge avec l'espoir que tu saisiras la balle au bond. Je ne demande qu'un " banco " pour me mettre tout de suite au travail avec tes équipes et concocter un menu qui fera pâlir d'envie les Nuls et les Bronzés.

Il me suffit d'un coup de fil de ta part, mon petit Cloclo, pour mettre en branle tout le projet : audit des besoins en ressources, rétroplanning, constitution des groupes de rédacteurs, appel à idées-pastiche, réflexion marketing etc. Nous n'avons pas tant de temps que ça et beaucoup de pain sur la planche alors, de grâce, ne temporise pas par un appel de ta charmante assistante me répondant en substance : " on a le lancement de Blako and co et le projet Triple Play, on vous rappelle dans quelques semaines ". Je viens de faire tomber un bijou en or ciselé devant toi. Si je te demande de t'agenouiller, ce n'est pas pour que tu te prosternes mais simplement pour que tu ramasses ce cadeau de valeur que je t'offre de bon cœur.


Laurent Benichou (lbenichou@melissa-theuriau.com).